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L'EGLISE

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L'église


Elle a la forme d’une croix latine, la dernière travée de la nef s’ouvrant sur deux chapelles latérales (créées sous Louis XIV) avant le soubassement du clocher dont le premier étage repose sur une croisée d’ogives. Le porche d’accès au portail de la nef et le chœur sont du XVème siècle. La flèche du clocher aussi.

En 1725, la paroisse a dû refaire la voûte en bois de la nef, travail qui lui incombait et, s’il n’est pas question du chœur, c’est que l’entretien en revenait au grand chantre de la cathédrale en tant que patron de la paroisse qui choisissait les curés et prélevait les dîmes pour subvenir à ses besoins.


La révolution de 1789 et ses retombées anticléricales détériorèrent l’intérieur de l’église qui a été fermée au culte pendant quinze mois (mars 1794-juin1795). Une partie des ornements, les calices, ciboires et autres vases sacrés furent vendus. Les statues de saint Pierre et de sainte Barbe ont été traînées sur la voie publique et la Vierge à l’Enfant du XVème siècle fut brisée par des malotrus qui voulaient séparer l’Enfant-Jésus de sa mère. Le Christ fut dépendu et traîné dans le cimetière.

Quand le calme revint, Louis Ménard, fermier du manoir de Gonneville, restitua des calices, des burettes, deux missels, deux chasubles…etc.…et un riche propriétaire rapporta les fonts baptismaux tandis que Guillaume Mallet revint avec les statues de saint Pierre et de sainte Barbe.

En 1812, la fabrique (organisme paroissial créé en 1809 pour veiller à l’entretien des églises) fit réparer la toiture de l’église. Autre dépense imprévue, en 1819, on a dû refaire la pointe de la flèche du clocher foudroyée par un orage.

eglise-blainville-interieureSous Napoléon III, en 1862, autre investissement avec la construction d’une sacristie à l’angle nord-est du chœur. De 1879 à 1892, les lambris du chœur, vermoulus, furent remplacés par une voûte en plâtre et, -était-ce indispensable ?-, la fabrique, le curé et la commune décidèrent d’exhausser les murs de la nef pour établir une voûte identique à celle du chœur.

A partir de 1892 et jusqu’à 1900, la paroisse eut pour curé un saint homme, orateur distingué, musicien accompli, soucieux de soulager l’indigence et la pauvreté de ses ouailles.
François Fouque, natif de Vergoncey, dans le canton de Saint-James, après un vicariat à Hambye, fut curé de la paroisse de Coudeville, prés de Bréhal ; il eut du mal à la quitter pour la cure de Blainville où il allait donner la mesure de ses compétences.

Ses initiatives nous ont valu :
- la mise en valeur des arcades de la nef en faisant apparaître le granit de Chausey débarrassé du plâtre qui le recouvrait.
- l’aménagement de six nouveaux vitraux : deux dans le chœur, de part et d’autre de la grande verrière du sanctuaire et quatre dans la nef en deuxième et quatrième position, de chaque côté, quand on va du portail vers l’intérieur.
- dans les chapelles, le remplacement des lancettes trop étroites par de larges verrières.
- une tribune fut établie au fond de la nef.
- dans le chœur, l’installation d’un maître-autel néo-gothique en pierre de Caen, avec sur le retable, de part et d’autre du tabernacle, quatre arcatures occupées par les saints Pierre, Paul, Jean-Baptiste et Michel, et, sur le devant de l’autel, Abraham et Melchisédech de part et d’autre de la Cène, ouvrage réalisé en 1897 par J. Bourdon, sculpteur à Caen.
- enfin, en 1899, le clocher accueillait deux autres Sourdines puisque fondues à Villedieu. Déjà, en 1873, on avait dû remplacer « Jacqueline » qui avait survécu à la Révolution par « Marie, Angèle ». Ses nouvelles compagnes, la grosse « Pauline » et la petite « Marthe » allaient permettre de distinguer les angélus des carillons, des trépas et des glas.


Les vitraux 
En 1869, le curé Honoré Lenoir obtint de la fabrique l’installation de nouveaux vitraux dans le chœur. Au chevet, un VITRAILtriptyque avec, au centre, la Vierge ; à sa droite, saint Pierre et à sa gauche, saint Paul. Dans la croisée sud, sainte Anne instruisant sa fille Marie et saint Lô guérissant une aveugle. Au nord, saint Joseph et saint Michel terrassant le dragon qui incarne Satan. Ces trois verrières en verre peint furent réalisées par un maître-verrier parisien Edouard-Amédée Didron. Trente ans plus tard, l’abbé François Fouque fit appel à l’atelier de Mazuet à Bayeux pour tous les autres vitraux de l’église.
Dans le chœur, on vit apparaître dans les nouvelles fenêtres, au nord-est, sainte Geneviève et saint Georges, et au sud-est, sainte Jeanne d’Arc et saint Louis. Les petites ouvertures gothiques reçurent au sud, saint Dominique et au nord, saint François d’Assise.
Sous le clocher, une lapidation de saint Etienne ; dans les chapelles, au nord, l’Annonciation et, au sud, l’apparition du Sacré-Cœur à sœur Marguerite-Marie Alacoque.
Aujourd’hui la nef n’offre plus que neuf verres peints, deux ayant disparu, brisés par une tempête en 1946. Ils avaient été ébranlés par l’impact de bombes américaines larguées par hasard à la Monnerie.
Sur le mur occidental de la tribune, la Sainte Famille au travail, vitrail dédié aux enfants de la paroisse.
En remontant la nef, au sud, la mort de saint Joseph et au nord, Marie-Madeleine aux pieds de Jésus.
Les deux suivants, de part et d’autre, présentent saint Martin partageant son manteau et saint Vincent de Paul recueillant des enfants abandonnés.
Ensuite : Notre-Dame de Gonneville sauvant une barque du naufrage et le baptême de Jésus.
Après ceux-là, au nord, le baptême de Clovis et le cinquième, la Vierge présentant l’Enfant Jésus à saint Simon Stock.

Les statues
Il n’y en a plus qu’en haut de la nef à l’entrée des deux chapelles : à gauche la Vierge à l’Enfant du XVème siècle, statue-vierge-enfantrestaurée grâce à l’initiative du doyen Louis Delaune avec la contribution du conseil municipal vers 1975. A droite, saint François de Sales, une pierre du XIXème siècle.
En revanche, dans le chœur, les statues sulpiciennes en plâtre ont été maintenues, dans une portion de l’église abandonnée depuis l’aménagement d’un autel sous le clocher pour célébrer les messes face aux paroissiens. On y retrouve donc, au sud, sainte Philomène et sainte Germaine Cousin, puis, au nord, sainte Marguerite et saint Sébastien et encore saint Pierre.
Dans la chapelle méridionale, on a installé en 1979, les deux statues en bois de chêne polychromé du XVIIème ou XVIIIème siècle inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 26 avril 1999 : saint Pierre et sainte Barbe
Dans la chapelle du nord, on a remis sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et Notre-Dame de Lourdes, autres plâtres récupérés dans le presbytère quand il fut mis en vente.
Sous le clocher, contre le mur septentrional, le grand Christ en croix, un bois peint de la fin du XIXème siècle, ne s’aperçoit guère que des premiers bancs de la partie droite de la nef.